Référentiel de l’Accompagnement

De l’approche Émotivo-rationnelle en tant que modèle théorique.

« Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les jugements qu’ils portent sur ces choses ».
Ainsi parlait Épictète, philosophe grec (50 après JC – env. 125 après JC), lequel s’est entre autres appliqué à montrer la nécessité de « ne pas se laisser entraîner et emporter par les représentations ».

Plus proche de nous, Albert Ellis (1913-2007), psychologue américain considéré comme l’un des pères des Thérapies Cognitives et Comportementales (TCC), a été largement influencé par les Pensées de ce philosophe stoïcien qu’à été Épictète.

En 1955, en rupture avec la psychanalyse, Ellis conçoit la Rational Emotive Therapy. Il découvre que les pensées sont à la source des émotions et que les pensées irréalistes sont la cause principale des émotions et des comportements dysfonctionnels. À travers une analyse précise, les patients peuvent identifier leurs pensées et croyances irréalistes et ensuite les remplacer par des conceptions réalistes. Cet assainissement des cognitions entraîne directement la disparition des émotions et des comportements dysfonctionnels et leur remplacement par des émotions et des comportements adaptés et fonctionnels.

Dans la francophonie et en particulier au Québec, on doit à Lucien Auger (1933-2001) d’avoir fait connaitre la Thérapie Émotivo-Rationnelle à travers de nombreuses publications. Il fut aussi un formateur à la relation d’aide très actif.

Lucien Auger, inspiré également de Carl Rogers et de Robert R. Carkhuff, définit la relation d’aide comme une relation dont l’objectif est de favoriser chez l’aidé l’épanouissement de ses pleines potentialités. La relation d’aide est constituée d’attitudes et de techniques. L’attitude se définit comme une « posture », comme une prédisposition à penser, sentir, et agir d’une certaine manière, notamment par rapport à un être (Kerlinger). Les techniques, quant à elles, désignent des comportements, externes, qui reflètent les attitudes, internes.

Les fondements de la relation d’aide se situent donc essentiellement au niveau des attitudes de l’aidant et non au niveau des techniques qu’il aura pu acquérir. En ce sens, la relation d’aide n’est pas tant un ensemble de techniques ni une fonction, un travail ou une profession, mais plutôt une manière de vivre.

Les personnes qui se sont rétablies nous disent justement que le facteur le plus important dans leur rétablissement ne résidait pas dans des techniques mais bien dans la présence et les attitudes bienveillantes et aidantes d’une autre personne, qui était « juste là », à leur côté.

Dans les pas de Lucien Auger, Pierre Bovo, thérapeute et formateur, décrit l’approche Émotivo-Rationnelle comme une approche « contemporaine, basée sur une démarche scientifique et qui allie un caractère humain et très respectueux à des attitudes réalistes, pragmatiques et constructives. »