Concept général des Ateliers à emplois protégés

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Qui nous sommes

Les ateliers à emplois protégés font partie de la Fondation HorizonSud, institution de droit privé dont le siège social se trouve à Marsens, et reconnue en qualité d’Institution spécialisée par le Département de la Santé et des Affaires Sociales du Canton de Fribourg. Ils sont certifiés selon les normes ISO 9001 : 2008 et OFAS-AI 2000.Ils offrent à des personnes atteintes dans leur santé psychique l’espace de protection nécessaire dans lequel elles sont notamment, et autant que possible, à l’abri d’une trop forte pression psychique ou du stress, tout en bénéficiant d’horaires de travail flexibles et de l’aide en situation d’urgence.

Ces lieux permettent à ces personnes de structurer leurs journées, de favoriser le développement de leurs compétences professionnelles et sociales, de travailler et donc de financer en partie elles-mêmes leur entretien. Elles peuvent ainsi participer plus largement à la vie en société ainsi que dans le monde du travail.

On parle ici d’emplois protégés. C’est-à-dire des emplois où le seuil de tolérance à un rendement insuffisant, à des absences répétées, à des comportements difficiles, à un important besoin d’accompagnement ou de soutien quotidien, est largement supérieur à celui qui est admis dans l’économie privée.

Les ateliers peuvent accueillir des hommes et des femmes au bénéfice d’une rente AI reconnue, dès 18 ans révolus et jusqu’à l’âge de la retraite. Ils proposent 137 places de travail dans divers ateliers de production et de services situés à Bulle, Epagny et Vaulruz.

Des places de travail en ateliers d’application sont proposées au sein du secteur logistique.

Le soutien aux employé-e-s est assuré principalement par des maître-sse-s socioprofessionnnel-le-s.

Ce que nous offrons

Signification des ateliers pour les personnes atteintes dans leur santé psychique

Dans notre société, le travail joue un rôle central et les personnes handicapées ne devraient pas en être exclues. Le travail, c’est davantage que son produit : il est source de contacts sociaux et d’identité personnelle ; il permet de faire l’expérience de contextes économiques et techniques ; il donne accès à un statut social ; il structure le temps, et sa rémunération détermine le niveau de vie matérielle.

Les personnes ayant un handicap ou des facultés psychiques restreintes trouvent dans les ateliers un lieu où elles se sentent utiles et valorisées. Une offre de travaux adaptés à leurs facultés et potentiels renforce le sentiment de leur propre valeur et un accompagnement dispensé avec compétence leur fait gagner en assurance.

Pour elles, l’atelier à emploi protégé est le seul lieu de travail adéquat. Il leur offre la possibilité de participer à ce qui est considéré comme partie intégrante de la normalité, à savoir le travail. L’intégration des personnes handicapées dans le monde du travail n’a toutefois pas seulement pour but de favoriser le développement de leur personnalité, mais aussi d’obtenir d’elles une prestation ayant une valeur économique. Seuls le travail et la contribution économique qu’il apporte permettent aux personnes de renforcer le sentiment de leur propre valeur et de contentement personnel.

Rôle des ateliers pour les personnes atteintes dans leur santé psychique

Les différentes situations que nous vivons nous permettent d’affirmer qu’un handicap, de surcroit psychique, est extrêmement invalidant dans le champ professionnel, car il peut générer des comportements inappropriés. Nous constatons également des comportements d’état de fatigue ou d’incapacité à agir peu compatibles avec une demande de performance, de résultat, d’adaptabilité ou de stabilité qui sont les pré-requis usuellement exigés dans le monde de l’économie libre. L’absentéisme en raison de situations d’urgences, de crises, d’hospitalisation répétitives ou de troubles psychiques est également un frein important à la stabilité et au développement personnel.

Notre rôle principal consiste à offrir une place de travail, respectivement un emploi protégé tant aux personnes les plus éloignées du marché du travail ordinaire qu’aux personnes ayant des nombreuses ressources, mais qui pour des raisons sociales, psychologiques, physiologiques ou contextes économiques ne peuvent assumer temporairement ou à long terme un travail dans l’économie dite « libre ».

Dans la mesure du possible, les personnes peuvent choisir leurs activités, respectivement le travail qu’elles souhaitent effectuer dans le cadre de l’offre des ateliers et de l’organisation du travail. En outre, elles jouissent d’une liberté de mouvement, limitée par des aspects évidents de sécurité et d’organisation.

Le processus de rétablissement des personnes atteintes dans leur santé psychique n’étant pas linéaire, les ateliers viseront constamment à développer des stratégies pour s’adapter à certains symptômes de la maladie. En agissant ainsi, les ateliers contribuent à éviter la perte d’une place de travail, les rechutes, les hospitalisations ainsi que l’isolement social de l’employé-e.

Comment nous intervenons

Notre concept est celui de la réhabilitation psychiatrique. Cette dernière soutient la conviction que le travail, et spécialement l’opportunité d’aspirer et de se réaliser dans un emploi rémunéré, est un besoin et une force d’intégration pour tout être humain. Il faut garder une foi dans le potentiel de productivité des personnes même lourdement handicapées par la maladie psychique.En lien direct avec notre concept on trouve la notion de « Soutien en emploi » (Supported Employment), au sens du modèle IPS (Individual Placement and Support) élaboré par l’Université Dartmouth-New Hampshire aux USA, et reconnu comme Evidence-Based Practice à partir de 2001. Ce « Soutien en emploi » propose une démarche individualisée, active et volontariste, et qui vise à favoriser l’accès et le maintien de la personne dans un emploi compétitif au sein de l’institution ou dans l’économie libre du marché du travail.

Le modèle pratique découlant de la réhabilitation psychiatrique est dénommé « vulnérabilité-stress / capacités adaptatives ».

Réhabilitation psychiatrique

La réhabilitation psychiatrique comprend deux stratégies principales, respectivement deux finalités :

  • Aider la personne à développer ou retrouver les habiletés sociales relationnelles, utilitaires et instrumentales dont elle a besoin pour vivre avec succès et satisfaction dans la communauté de son choix ; Pour ce faire, les intervenants du domaine socioprofessionnel pratiquent principalement l’entraînement aux habiletés sociales et les thérapies cognitives des symptômes psychotiques.
  • Adapter les demandes et pressions exercées sur la personne et aménager les soutiens dont elle a besoin pour vivre avec succès et satisfaction dans la communauté de son choix.

Le concept de réhabilitation psychiatrique est appliqué au sein de toutes nos résidences, appartements et ateliers à emplois protégés.

Les professionnels de l’accompagnement ont pour buts de soutenir les améliorations symptomatiques au long cours pour éviter la rechute, d’établir ou de rétablir des habiletés sociales, et d’aider l’employé-e à atteindre une qualité de vie satisfaisante par la diminution ou la compensation de ses déficiences.

Parce que les buts de la réhabilitation psychiatrique sont centrés sur l’ajustement à la vie quotidienne, il est essentiel que l’employé-e participe activement à la définition de ses objectifs personnels puis s’implique activement, le cas échéant avec l’aide de sa famille et de ses proches. Ceci aide également à contrôler les fantasmes bien intentionnés de secours et les buts ambitieux irréalistes, qui risquent de conduire l’employé-e à l’échec, voire à la rechute.

C’est la présence ou l’absence d’habiletés sociales et non pas la disparition des symptômes cliniques qui est le facteur déterminant dans le succès de la réhabilitation.

Vulnérabilité-stress / capacités adaptatives

La vulnérabilité est un mot compliqué pour dire la fragilité psychique. Le stress signifie l’ensemble des sollicitations diverses de la vie quotidienne auxquelles chacun de nous est soumis et doit s’adapter.

Les facteurs de vulnérabilité qui sont porteurs de risque pour des affections psychiques majeures sont des anomalies neuro-psychologiques, relativement persistantes, présentes avant, pendant et après les épisodes symptomatiques. Les facteurs de stress sont des événements transitoires, ou ambiants, qui nécessitent une adaptation de l’employé-e et défient ses capacités à faire face ainsi que ses compétences.

La vulnérabilité et les facteurs de stress ont leur impact diminué par la présence et l’action de facteurs de protection. Les habiletés sociales, l’environnement social ainsi que la médication antipsychotique constituent les trois facteurs fondamentaux du système de protection mis en oeuvre au sein des ateliers à emplois protégés.

L’équilibre entre les facteurs de risque de la maladie psychiatrique et les facteurs de protection détermine l’affaiblissement des symptômes et le développement des capacités adaptatives de la personne.

Nos employé-es éprouvent des difficultés à exprimer une gamme étendue d’émotions comprenant l’amour et l’affection, la colère et la contrariété, la joie et le bonheur, la tristesse et la peine, la confiance ainsi que l’intérêt pour les autres ou de la sollicitude. Dans ce sens, les habilités sociales sont tous les comportements qui permettent de communiquer avec exactitude leurs émotions et leurs besoins et de réaliser leurs objectifs relationnels. Au travers de leurs activités dans l’atelier, les employé-e-s acquièrent, maintiennent et renforcent leur capacités à percevoir le contexte de la situation sociale donnée, choisir le comportement relationnel adapté puis le mettre en oeuvre de manière adéquate.

Difficultés et besoins

Dans la pratique, le processus de réhabilitation psychiatrique se focalise sur une démarche d’investigation des difficultés et des besoins des personnes atteintes dans leur santé psychique ; tant l’appréciation de la personne elle-même que celle de l’équipe chargée d’apporter l’aide supplémentaire nécessaire sont prises en considération.

Par difficultés il y a lieu d’entendre les obstacles non résolus actuellement par la personne, et qui lui empêchent, dans les différents domaines de la vie, l’accès
à une qualité de vie riche et pleine ;
Par besoins il faut entendre les moyens supplémentaires par rapport à ce qui existe déjà, à mettre en oeuvre pour aider la personne à dépasser ses obstacles.

L’évaluation des difficultés et des besoins porte sur divers domaines qui couvrent des aspects pratiques du quotidien (lieu de vie, finances, travail, temps libre, tâches administratives, entretien du ménage, déplacements, fréquentation des lieux publics, droit et justice), de la vie relationnelle et du réseau social (famille, enfants, relations sentimentales, connaissances et amitiés, sexualité), et de la sphère de la santé (alimentation, hygiène personnelle, santé physique, santé psychique, addictions, traitement, spiritualité).

Pour les employé-e-s qui ne sont pas résidents dans l’institution, l’évaluation a lieu dès l’admission puis se renouvelle régulièrement tout au long du séjour, respectivement du processus de rétablissement.

Cette démarche vise à élaborer un programme individuel documenté, personnalisé et adapté à chaque situation, ici et maintenant. Elle permet de définir les moyens qui répondent le plus adéquatement aux attentes de la personne dans le cadre de l’offre possible proposée, et avec le souci des critères d’économicité qui en découlent.

La volonté et l’engagement à changer sont fondamentaux ; pas la capacité à changer.

Enfin, elle permet la mesure de la satisfaction de la personne concernée, en regard des prestations délivrées par les divers intervenants.

Dans la pratique et très concrètement, la démarche d’investigation est conduite au moyen de l’Echelle Lausannoise d’Auto-évaluation des Difficultés Et des Besoins : ELADEB.

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